Catégorie : Jeux

  • Briser la glace, un jeu pour aborder la séquence « Dire l’amour » en cours de français

    Briser la glace, un jeu pour aborder la séquence « Dire l’amour » en cours de français

    Briser la glace est un jeu de rôle pour les classes de 4ème. Il a pour objectif d’introduire la séquence au programme en cours de français. Il peut être joué sur quatre heures avec des groupes d’une douzaine d’élèves (en demi-classe idéalement).

    Ce jeu est une adaptation libre du jeu Breaking the Ice d’Emily Care-Boss. Les règles du jeu sont simplifiées et adaptées à un public d’élèves.

    Le groupe est divisé en trois équipes : l’une incarne ELLE, une femme qui va faire une rencontre, le deuxième incarne LUI, l’homme de notre histoire, et le troisième groupe incarne LE CONTEUR, qui va être chargé d’enrichir le décor et l’ambiance, mais aussi de s’assurer que l’histoire comprend suffisamment de péripéties.1

    Tous les groupes ont pour mission de rédiger à l’écrit les événements du point de vue de leur personnage, ou du point de vue omniscient dans le cas du CONTEUR.

    Mise en route de la partie

    Les trois groupes vont d’abord s’entendre sur un lieu et une époque commune. Cette étape se fait sous la forme de discussion commune encadrée par l’enseignant⋅e.

    Le groupe LE CONTEUR va partir de ce lieu et de cette époque pour détailler l’univers de jeu : il va esquisser différents Décors qui pourront être utilisés par les autres groupes afin d’imaginer leurs rencontres.

    De leur côté, les groupes ELLE et LUI vont construire leur personnage. Pour cela, ils vont utiliser la création de personnage à partir d’une couleur. Par association d’idées, cette couleur va donner naissance à des traits qui vont caractériser le personnage (cf procédé et exemple ci-dessous). Ces idées vont être définies en traits répartis en 3 catégories : travail, loisirs et personnalité.

    Procédé de création de personnage
    Exemple de création de personnage

    Ensuite, les membres du groupe LE CONTEUR vont imaginer pour chaque personnage une complication. Cette complication est un trait spécifique qui va encourager le drama, la réalisation d’actions qui constituent le sel d’une histoire. Par exemple, ELLE va avoir un ex-compagnon jaloux qui va vouloir s’immiscer dans la nouvelle rencontre. Autre exemple, on peut imaginer que LUI va avoir un animal de compagnie en permanence avec lui qui va lui compliquer sa capacité à être disponible pour une nouvelle rencontre.

    Pour terminer, les élèves de chaque groupe ELLE et LUI vont décrire l’apparence physique et l’âge de leur personnage. On imagine enfin collectivement la rencontre initiale, plus ou moins fortuite, entre les deux personnages.

    Cette première étape de mise en route constitue la première heure de jeu et se termine par une présentation rapide des règles :

    On va jouer les premiers rendez-vous de nos personnages. Pendant ces rendez-vous, chaque personnage va tenter une Approche pour tenter de séduire l’autre personnage. Il va donc décrire son action selon la forme suivante :

    IL/ELLE tente de réaliser ceci pour obtenir cela.

    Pour déterminer si cette Approche va réussir, on va lancer des dés :

    Fonctionnement des Approches

    Si une Approche est réussie, le personnage qui a réalisé l’Approche peut augmenter l’attraction de l’autre personnage d’un point. En plus de cela, si plus de 5 dés sont supérieurs à 4, une Compatibilité commune entre les deux personnages en créée.

    1. Pour faciliter le démarrage du jeu auprès d’un public adolescent facilement distrait, on joue une rencontre hétérosexuelle. Il est néanmoins important de rappeler aux élèves que d’autres types de rencontres amoureuses existent avec des personnes de même genre ou non-genrées et que cela n’a pas d’impact sur l’histoire racontée. ↩︎
  • Bully Busters, jeu de lutte contre le harcèlement scolaire

    Bully Busters, jeu de lutte contre le harcèlement scolaire

    J’ai travaillé cette année scolaire sur le projet Bully Busters, un jeu de rôle éducatif ayant pour objectif de favoriser la lutte contre le harcèlement scolaire.

    Ce jeu est né d’un constat face aux situations de harcèlement scolaire : dans certaines situations, les équipes pédagogiques et le personnel d’un établissement donné peuvent manquer d’outils pour aborder la question du harcèlement avec leurs classes et leurs élèves.

    Il ne s’agit pas bien sûr de montrer un procédé de résolution de confrontation unique et qui s’appliquerait à toutes les situations de harcèlement, ni de caricaturer des situations de harcèlement avec légèreté pour s’en amuser.

    Le jeu est ainsi moins fait pour donner un guide univoque pour résoudre les Confrontations que pour aider les élèves à développer de l’empathie dans des situations variées et ludiques d’une part, et pour faire connaître aux élèves-joueurs et joueuses l’ensemble des acteurs et actrices de la lutte contre le harcèlement scolaire au sein des établissements, et même en dehors.

    À l’origine, un jeu conçu pour créer un manga

    Nous sommes à une réunion d’un club manga de collège, dans un CDI.

    Imaginez un groupe d’élèves âgé⋅es entre 11 et 14 ans, passionné⋅es par la culture manga, en train d’échanger leurs idées pour créer leur manga. Ajoutez un professeur un peu désemparé au milieu : face au défi d’organiser cet enthousiasme pour construire une histoire cohérente, j’ai choisi en tant qu’animateur du club de faire réaliser un travail de création narrative aux élèves via le jeu de rôle.

    Les différent⋅es participant⋅es jouent au jeu, inventent ainsi l’histoire ensemble, la détaillent en story-board, puis la dessinent pour en faire un manga.

    Bully Busters n’est pas le premier univers manga à se dérouler dans un cadre scolaire ou à aborder la question du harcèlement scolaire : les titres qui ont inspiré cet univers sont, entre autres, le manga Assassination Classroom, La méthode du détective Imamura, ou encore le jeu vidéo Persona 5.

    Le cadre scolaire et la thématique du harcèlement ont immédiatement plu aux élèves membres du club manga qui se sont investis pour rebondir sur l’univers, les personnages et les ressorts narratifs que je leur ai proposés au cours de la partie et ont créé de cette manière leur propre histoire.

    Un jeu de rôle à narration partagée

    Dans ce jeu, le rôle du⋅de la meneur⋅euse de jeu n’est pas de dérouler un scénario pré-conçu et de faire “autorité” sur les autres joueur⋅euses. Il n’y a pas de scénario à faire suivre, mais plutôt des personnages, avec des caractéristiques et des motivations bien établies, qui vont agir et faire réagir les personnages incarnés par les joueur⋅euses autour de la table. L’histoire est ainsi dynamique et il existe de nombreuses manière de conclure une même partie. De plus, tout le monde peut faire des propositions pour enrichir l’histoire.

    Deux inspirations importantes

    Rares sont les jeux de rôle qui proposent un univers et une mécanique sans s’inspirer d’œuvres précédentes.

    La construction de Situations du jeu Bully Busters s’inspire du jeu Dogs in the Vineyard de Vincent Baker. Ses mécaniques de résolution en cas de conflit s’inspirent du jeu Démiurges de Frédéric Sintès, lui-même inspiré du premier.

    Fonctionnement général du jeu

    Dans Bully Busters, les élèves incarnent des collégiens japonais recrutés par une société secrète, la BB Academy. Cette dernière les forme à la détection de situation de harcèlement scolaire et à la manière dont évoluent ces situations avec un élément central, la Cascade du Harcèlement, qui comporte cinq stades :

    au Stade 1, un⋅e élève subit des moqueries, en apparence anodines.

    Le stade 2 est atteint lorsque ces moqueries deviennent répétées.

    Au stade 3, ces moqueries répétées ont pour conséquence une exclusion du reste du groupe.

    Le stade 4 présente l’aggravation de cette exclusion, qui se caractérise par des humiliations et des violences.

    Le stade 5 correspond aux conséquences aggravantes du harcèlement : dépréciation de soi, dépression, déscolarisation, pensées suicidaires et tentatives de suicide.

    Les Bully Busters sont donc formés pour détecter cette évolution et intervenir. Ils sont ensuite envoyés en mission dans des collèges, se font passer pour de nouveaux élèves et intervenir face aux situations auxquelles ils assistent.

    L’intérêt du jeu est que les élèves qui jouent à ce jeu doivent eux-mêmes inventer leurs initiatives pour mettre fin aux actes de harcèlement dont ils sont les témoins et rendre la justice. Il s’agit ainsi d’un jeu avec une forte dimension morale : comment rendre la justice ?

    Le jeu donne une importante capacité d’action aux personnages : ces derniers sont des héros de manga shonen, un genre qui privilégie l’action et l’aventure. Ils peuvent donc se lancer dans différents types de Confrontation plus ou moins violentes : la discussion, l’acrobatie, la bagarre et la « provoc’ ». Très vite, les élèves se rendent compte qu’une méthode qui consisterait à chercher à rendre soi-même la justice est une impasse. C’est à ce moment là que les Bully Busters font appel aux personnes ressources du collège pour que ces derniers les aident à prendre en charge la situation problématique.

    Informations pratiques

    Le jeu est destiné à un public collégien, idéalement pour des parties d’environ trois heures et un groupe de joueur⋅euses de 3 à 12 élèves.

    La version numérique du jeu est téléchargeable via ce lien (à prix libre) :

    https://ch4rlysk0d.itch.io/bully-busters

    La version papier du jeu peut être commandée ici (prix unitaire : 10€) :

    https://www.lulu.com/fr/shop/antoine-bouffard/bully-busters/paperback/product-m2yz9d9.html